Commentaire de marché
L’espoir fait vivre… et monter les actions!
La détente des taux d’intérêt observée la semaine dernière ( ‑12 pb sur le Bund allemand à 10 ans et ‑9 pb sur le Treasury américain de même maturité ) a soutenu le rebond des actions mondiales (MSCI World : +1,2 %). Une nouvelle fois, le conflit au Moyen‑Orient est resté au centre des préoccupations des investisseurs. Malgré des signaux contradictoires au fil des jours, les marchés ont finalement retenu l’avancée des négociations, encouragés par les déclarations de Donald Trump indiquant qu’une réponse iranienne à la dernière proposition américaine pourrait intervenir dans les prochains jours.
Moyen-Orient : entre espoir et incertitude
Les marchés considèrent désormais comme acquis que Donald Trump souhaite parvenir rapidement à un accord avec l’Iran, afin de clore un conflit engagé sur la base d’informations erronées (cf. Un lundi sur les marchés, 20 avril). Le week‑end a toutefois bruissé de rumeurs d’intervention militaire américaine : les plans de frappes sont prêts et la période de trois jours, avec des marchés fermés, offrait une fenêtre d’action idéale. Le président américain semble néanmoins adopter une posture plus pragmatique — ou tirer les leçons de ses erreurs passées. Ce lundi matin, le cessez‑le‑feu tient toujours, et les investisseurs attendent la réponse de Téhéran. Certaines voix au sein du Parti républicain mettent cependant en garde contre un accord au rabais, qui laisserait à l’Iran la possibilité de développer un jour une arme nucléaire. Donald Trump a tenté de reprendre la main dimanche en demandant à ses émissaires de ne pas précipiter la conclusion d’un accord, mais les marchés ne s’y trompent guère. Le prix du pétrole recule d’ailleurs de 5 % ce matin.
Fed : un message de fermeté rassurant
Le second facteur ayant contribué à la détente des taux est le soulagement suscité par les minutes de la réunion de la Fed des 28‑29 avril. La majorité des membres du FOMC y réaffirme la nécessité de resserrer la politique monétaire si l’inflation devait rester durablement au‑dessus de 2 %. Comme nous l’indiquions la semaine dernière, les investisseurs craignent que la banque centrale ne devienne trop tolérante vis‑à‑vis de l’inflation, ce qui aurait entraîné une hausse des taux longs pour compenser le risque inflationniste. La clarification des priorités de la Fed constitue donc une bonne nouvelle et a permis un répit sur le marché obligataire.
Actions européennes : un rattrapage notable
Les actions ont profité de ce mouvement, et fait notable, ce sont les marchés européens qui ont le plus progressé. La surperformance hebdomadaire de l’Euro Stoxx 50 par rapport au S&P 500 (+2,53 %) est la plus forte de l’année. Il s’agit probablement davantage d’un effet de rattrapage que d’un véritable changement de tendance, même si la surperformance du S&P 500 équipondéré suggère que les investisseurs cherchent à se repositionner au‑delà des valeurs liées à l’intelligence artificielle. Autre signal potentiel : la baisse de Nvidia la semaine dernière (‑3,58 %), malgré des résultats trimestriels une nouvelle fois records. Le groupe a publié un BPA de 1,87 $ (consensus : 1,77) pour un chiffre d’affaires en hausse de 85% à 81,62 Mds $ supérieur aux attentes (78,86 Mds $). Cette contre‑performance est difficile à interpréter tant les fondamentaux restent solides, à commencer par une marge exceptionnelle de 75 %. L’absence de progrès sur le marché chinois ou la déception d’investisseurs qui espéraient un « beat » encore plus marqué pourraient expliquer la réaction. Quoi qu’il en soit, le recul d’une valeur emblématique au lendemain de résultats très positifs constitue un signal d’alerte à surveiller.
France : des signaux économiques préoccupants :
Autre alerte, plus attendue : la publication jeudi des enquêtes PMI auprès des chefs d’entreprise en France. L’indice des services s’est effondré à 42,9 (46,5 en avril), son plus bas niveau depuis novembre 2020. Le PMI manufacturier recule également, à 48,9 contre 52,8 en avril. Parmi les grandes économies de la zone euro, la France apparaît comme la plus touchée : les PMI de la zone reculent eux aussi, mais plus modérément (services : 46,4 ; manufacturier : 51,4). À un an de l’élection présidentielle, la montée probable des discours populistes et les inquiétudes croissantes sur la trajectoire de la dette risquent de peser sur l’attractivité des actions françaises. Selon le dernier sondage de Bank of America, la France serait désormais le marché le moins apprécié des investisseurs en Europe.
Performance des marchés à la clôture du vendredi 22 mai 2026

Performances dividendes nets réinvestis arrêtées au 22 mai 2026
Ce qu’il faut en retenir
Les actions sont largement en tête de ce palmarès avec, ce n’est plus une surprise, le Kospi qui truste à nouveau la première place avec une progression de 4,7 % sur la semaine (86 % depuis le début de l’année). Les spécialistes de la mémoire flash, SK Hynix (+6,7 %) et Samsung (+8,13 %), qui représentent désormais 49 % de l’indice, s’envolent à nouveau grâce aux perspectives solides de leur principal client Nvidia. Par ailleurs, lors de la publication de ses résultats Nvidia, Jensen Huang son PDG a pointé une nouvelle source d'opportunités IA : les robots et les véhicules autonomes. Effet immédiat, les deux valeurs coréennes LG Electronics et Hyundai Mobis progressent de 25% chacune.
Derrière l’indice Coréen, nous retrouvons nos indices européens, Dax en tête (+3,9 %). L’Euro Stoxx 50 progresse sur la semaine de 3,4 % grâce à la technologie (Infineon + 12,89%, ASML +7,39%, SAP +5,27 %) et à un rattrapage de certaines valeurs délaissées comme Adidas (+6,21 %) ou Adyen (+7,53 %).
La Dynamique des marchés actions
Le baromètre renard du 22 mai 2026
Le baromètre des marchés est un indicateur composite intégrant des données historiques de différents marchés financiers. Il a pour objet de caractériser l’environnement des marchés actions américains et européens.
Notre baromètre des marchés demeure inchangé sur la semaine à 28,63 (-0,17), juste en dessous de la première zone d’alerte (30). Sous la surface, toutefois, nous constatons des variations importantes.…[lire la suite]
Que faire sur les marchés au 25 mai 2026 ?
L’inquiétude manifestée par les investisseurs au cours de la semaine du 11 mai s’est apaisée avec le volontarisme de Donald Trump de parvenir[…lire la suite]







