Partie d’échec ou de démineur?
A quoi jouent les Etats-Unis et l’Iran dans le golfe Persique?
Dans le jeu du chat et de la souris qui se joue actuellement dans le détroit d’Ormuz, l’Iran a l’avantage mais peut-être plus pour très longtemps.
L’Iran exploite la présence d’un nombre indéterminé de mines marines que le régime aurait installées dans le détroit d’Ormuz pour inciter les navires à naviguer dans ses eaux territoriales lorsqu’ils traversent le détroit. Cette stratégie permet à l’Iran d’imposer aux navires tentant la traversée de ses eaux territoriale des frais. Cette volonté d’extorsion semble avoir été planifiée par l’Iran davantage dans le but de faire pression sur les États-Unis que de se constituer une rente sur le long terme.

Sources : Les clés du Moyen-Orient, Le club de l’épargnant
Dans le détail l’Iran a informé les navires marchands de la présence de mines dans une « zone dangereuse » couvrant 1 394 km² du détroit (rectangle noir sur la carte ci-après), incluant le couloir maritime habituel utilisé pour la traversée et située dans les eaux internationales. Les navires souhaitant éviter cette zone doivent ainsi passer par les eaux territoriales iraniennes et se soumettre aux « frais de protection », censés les protéger contre d’éventuelles attaques. Ce racket est bien entendu contraire au droit maritime international, qui interdit à tout État bordant un détroit d’entraver la navigation ou de prélever des droits de passage (Convention des Nations Unies sur le droit de la mer). En même temps reconnaissons que les Etats-Unis se sont affranchis de tout respect du droit international en attaquant l’Iran sans mandat le 28 février dernier.
Selon des responsables américains anonymes cités par le New York Times le 11 avril, l’Iran aurait posé ses mines — probablement moins d’une douzaine d’après un rapport antérieur du 23 mars — de façon désorganisée, ce qui empêcherait l’Iran de les localiser et de les retirer. La menace des mines permet de surcroit à l’Iran de maintenir le prix du pétrole et des assurances maritimes à des niveaux élevés sans avoir à lancer d’attaques qui mettraient en péril le cessez-le-feu.
De leur côté, les États-Unis cherchent à réduire l’influence de la menace iranienne dans la « zone dangereuse » en envoyant des destroyers pour tenter de démontrer que le couloir maritime habituel reste sûr et praticable. Les destroyers de classe Arleigh Burke, USS Frank E. Peterson et USS Michael Murphy, ont traversé le détroit samedi 11 février afin d’y neutraliser les mines marines. L’amiral Brad Cooper, commandant de l’US CENTCOM, a indiqué que la marine américaine partagerait dès que possible l’itinéraire sécurisé avec la navigation civile. La priorité des Etats-Unis est de réduire le plus rapidement et fortement possible le pouvoir de nuisance de l’Iran dans le détroit d’Ormuz. En y envoyant le fleuron de sa marine, les Etats-Unis se donnent les moyens de damer aux Mollahs leur pion le plus précieux.



