Les marchés actions continuent de limiter leur baisse, malgré des prix de l’énergie et des taux d’intérêt proches de leurs sommets. Ce paradoxe s’explique, selon nous, avant tout par la confiance que les investisseurs continuent d’accorder aux entreprises et à leur capacité, maintes fois démontrée ces dernières années, à s’adapter à des environnements difficiles.

La réunion de la Réserve fédérale américaine la semaine dernière a, de ce point de vue, plutôt rassuré les marchés. La fermeté affichée par la Fed dans sa lutte contre l’inflation constitue un point d’ancrage important au moment où les risques économiques et géopolitiques se multiplient. La réaction de la courbe des taux américaine, qui s’est détendue après la réunion, illustre le regain de crédibilité dont semble bénéficier la banque centrale auprès des investisseurs.

Cette crédibilité est essentielle. Si les investisseurs sont convaincus que la Fed ne laissera pas l’inflation s’installer durablement, leurs anticipations d’inflation restent contenues et, avec elles, les taux d’intérêt à long terme. Or c’est précisément l’un des enjeux majeurs du moment.

Des taux longs sous contrôle permettraient au Trésor américain, mais aussi aux grandes entreprises technologiques, de continuer à lever les capitaux considérables dont ils ont besoin sans provoquer de nouvelles tensions majeures sur les marchés obligataires. Pour les entreprises technologiques, cette capacité de financement est particulièrement importante : elle conditionne la poursuite des investissements massifs dans l’intelligence artificielle, qui constituent aujourd’hui l’un des principaux moteurs de l’investissement et de la croissance américaine.

Les investisseurs semblent avoir parfaitement intégré cet enjeu : les valeurs technologiques ont progressé d’environ 2,5 % à la suite de la réunion de la Réserve fédérale.

L’Europe reste à l’écart

La situation apparaît moins favorable en Europe. La Banque centrale européenne affiche elle aussi sa détermination à lutter contre l’inflation, mais elle évolue dans un environnement économique beaucoup moins porteur.

La faiblesse de la croissance européenne et, plus particulièrement en France, le niveau élevé de la dette publique deviennent plus pénalisants à mesure que les taux d’intérêt restent élevés. Pour les investisseurs internationaux, la différence avec les États-Unis est importante : outre-Atlantique, le coût plus élevé de l’argent est pour l’instant compensé par une économie dynamique et par des investissements massifs. En Europe, cette contrepartie est beaucoup moins évidente.

C’est ce différentiel de croissance qui nous conduit aujourd’hui à faire évoluer notre allocation.

Nous mettons donc un terme à notre surpondération des actions européennes au profit des actions américaines, qui nous paraissent actuellement mieux soutenues par la dynamique de leur économie domestique et par la croissance des investissements des entreprises.

La conviction n’est donc pas que les risques auraient disparu aux États-Unis. Ils restent nombreux, à commencer par le niveau des taux et de la dette. Mais, dans l’environnement actuel, l’économie américaine nous semble disposer de davantage de moteurs pour les absorber que l’économie européenne.

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