Les marchés actions ont longtemps ignoré la progression des taux d’intérêt. Convaincus que la crise iranienne allait trouver sa solution et que les prix de l’énergie allaient se normaliser, les investisseurs ont acheté des actions, et ce d’autant plus facilement que les résultats des entreprises (américaines tout au moins) étaient excellents. Effectivement, les sociétés américaines ont enregistré au premier trimestre une croissance impressionnante de leurs revenus, en hausse de 11,4 % sur un an, soit la progression la plus marquée depuis 2022.
Néanmoins, deux mois après le début de la crise iranienne, aucune solution n’a émergé, et les prix du pétrole ainsi que de l’essence poursuivent leur envolée. L’inflation, initialement perçue comme un phénomène temporaire, semble s’inscrire dans la durée, ce qui amène désormais les investisseurs à revoir la valorisation de tous les marchés. Cette situation est exacerbée par l’attentisme de la FED, qui, fragilisé par la pression de l’exécutif, paraît en décalage par rapport aux événements et réagit plus qu’elle n’anticipe. Les investisseurs anticipent désormais que la persistance des pressions inflationnistes contraindra la FED à relever ses taux directeurs, malgré les protestations attendues de Donald Trump. Du côté de la zone euro, la BCE semble, pour une fois, pleinement consciente des enjeux et a indiqué depuis plusieurs semaines qu’elle prendrait des mesures en fonction de ses nouvelles projections d’inflation, qui seront publiées le 11 juin. Malgré tout, les taux progressent également en Europe, ce qui laisse présager une charge accrue pour les finances publiques. Le rendement de l’OAT française à 10 ans approche les 4 %, un seuil inédit depuis 2008. Dans ce contexte, et conformément à notre stratégie des dernières semaines, nous considérons que les marchés des actifs risqués demeurent exposés à un risque de prise deb bénéfice voire de correction. Nous réduisons donc à nouveau notre exposition à ces actifs, la faisant passer de 30 % à 20 %.



