Commentaire de marché

Le S&P 500, contre vents et marées

Il n’est pas certain que le nouveau coup de chaud, ce matin, dans les négociations entre l’Iran et les Etats-Unis conduise à une baisse de marché. Cette nuit, le président américain a rejeté le dernier plan de paix iranien qui propose le transfert à un pays tiers de son stock d’uranium enrichi tout en permettant à l’Iran de conserver ses infrastructures d’enrichissement nucléaire. Donald Trump a immédiatement réagi en qualifiant cette proposition iranienne de TOTALEMENT INACCEPTABLE. Pour autant, à ce stade, le président américain s’est gardé de toute nouvelle menace. Le pétrole reprend donc le chemin de la hausse ce matin (+4%) à 105 $ pour le Brent.

Nous le constatons depuis quelques semaines, les marchés ignorent les alertes dans le conflit, mais achètent systématiquement les bonnes nouvelles comme mercredi dernier, après l’annonce par le site d’information Axios, d’un possible protocole d’accord entre Washington et Téhéran pour mettre fin au conflit. Le CAC 40 s’était envolé de 2,94% sur la journée. Pour le reste, les marchés restent sous l’influence des trimestriels juteux du premier trimestre et de la dynamique sur les valeurs technologiques, le tout dans un contexte macroéconomique qui, du moins aux Etats-Unis, rassure les investisseurs. Ainsi, le rapport sur l’emploi aux Etats-Unis a été publié vendredi. 115.000 emplois ont été créés en avril après 185.000 en mars (+173.000 par rapport à la première estimation), soit les plus fortes créations d’emplois sur deux mois depuis mars 2024.

Les marchés actions américains ont à nouveau progressé la semaine dernière (S&P 500 +2,4%) sous l’impulsion des valeurs technologiques (Nasdaq +4,5%), laissant désormais loin derrière les actions de la zone euro en 2026 (Euro Stoxx 50 + 3,3 % contre S&P 500 +8,5%). Les indices du vieux continent faisaient pourtant la course en tête avant le déclenchement du conflit. La crise énergétique et le retour des investisseurs sur les valeurs liées à l’IA expliquent cette inversion de performance depuis deux mois.

Le meilleur exemple de la frénésie IA sur les indices boursiers est la performance du Kospi coréen qui a progressé de 13,6 % sur la semaine dernière (oui vous lisez bien) et de 77,9 % depuis le début de l’année. L’heure est à l’achat des « pelles et des pioches », c’est-à-dire aux entreprises qui permettent aux grands hyperscalers (Meta, Google, Amazon, Microsoft) de construire leurs gigantesques et nombreux datas centers. Ainsi, Samsung qui vend des puces mémoires est devenu la première société sud-coréenne à dépasser les 1.000 milliards de dollars de capitalisation en progressant de 138% depuis le début de l’année. En Europe, nous avons quelques sociétés de « pelles et de pioches » comme ASML (+49% en 2026), STM (+118%) ou encore les fabricants de composants électriques, Legrand (+23%) ou Schneider (+16%), mais rien de comparable avec les acteurs asiatiques (TSMC +35 % et 1.800 milliards de $ de capitalisation) ou américains (NVIDIA +15 % et 5.200 milliards de $ de capitalisation).

La performance des valeurs technologiques a toutefois atteint un tel niveau que le sentiment de malaise est palpable chez les investisseurs et les analystes. Les niveaux de valorisation de la technologie aux Etats-Unis, s’ils sont encore inférieurs aux niveaux atteints en 1999 ne sont toutefois plus très loin (34,94 contre 40).

Toutefois, ce qui rappelle furieusement 1999 c’est la concentration extrême de l’indice S&P 500 sur la thématique IA. Selon Goldman Sachs, 45% de la pondération de l’indice S&P500 est désormais liée aux entreprises ayant un lien avec le développement de l’intelligence artificielle (+20 points depuis 2022), ce qui, selon la banque américaine, représente une concentration inédite dans l’histoire financière des Etats-Unis. En excluant totalement l’IA, le S&P 500 n’affiche plus qu’une hausse de 2% depuis le début de l’année (contre 8,5%).

Face à cette déferlante, Warren Buffett, 95 ans, a tenté, la semaine dernière de ramener un peu de lucidité en jugeant « les prix de beaucoup de choses absurdes ». Bershire Hathaway reste net vendeur pour le quatorzième trimestre d’affilée et affiche 397 milliards de dollars de trésor de guerre. Cependant, cela fait longtemps que Wall Street n’écoute plus l’Oracle d’Omaha…

Performance des marchés à la clôture du vendredi 8 mai 2026

Performances dividendes nets réinvestis arrêtées au 8 mai 2026

Ce qu’il faut en retenir

Portés par les valeurs technologiques en général et les valeurs de semi-conducteurs en particulier, les indices actions américains continuent leur progression rectiligne. L’écart se creuse avec les indices européens depuis le début de l’année (Euro Stoxx 50 +3,3% contre le S&P 500 +8,5%). Le Kospi affiche une impressionnante performance hebdomadaire de 13,6% toujours sous l’impulsion de ses 2 champions producteurs de mémoire pour les datas centers, SK Hynix +19% et Samsung +17%. Les actions japonaises progressent à nouveau (+2,7%) grâce à la performance des valeurs technologiques (Softbank +14%) et à la stabilisation du Yen.

La Dynamique des marchés actions

Le baromètre renard du 8 mai 2026

Le baromètre des marchés est un indicateur composite intégrant des données historiques de différents marchés financiers. Il a pour objet de caractériser l’environnement des marchés actions américains et européens.

Notre baromètre se détend sensiblement (-6 points à 26) pour repasser en zone de.[lire la suite]

Que faire sur les marchés au 11 mai 2026 ?

Un sentiment de malaise gagne les investisseurs à mesure que la progression des indices actions se poursuit sans avancée majeure dans […lire la suite]

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