Commentaire de marché
La première mi-temps de l’année 2026 se termine en bourse et deux événements auront structuré ce premier semestre. L’intervention militaire contre l’Iran tout d’abord qui a fait lourdement chuter les marchés au cours du mois de mars avant que les indices boursiers ne se redressent tout au long du deuxième trimestre à mesure que la sortie de crise se dessinait. La rapidité du retour à la normal sur le marché de l’énergie plaide pour un impact limité sur l’économie mondiale tandis que les répercussions géopolitiques du conflit n’ont certainement pas finies d’être comprise.
Certes, la guerre en Iran a relancé une inflation qui était jusque-là orientée à la baisse, mais la dernière publication en Zone euro (inflation à 2,8% en juin contre 3,20% en mai) a montré que celle-ci pouvait très vite se dégonfler avec la baisse de la prime de risque sur l’énergie. L’économie mondiale habituée désormais aux chocs a montré une très forte capacité de résilience ces dernières années et nous estimons que le choc qu’a constitué la fermeture du détroit d’Ormuz pendant trois mois sera vite effacé. Plus préoccupant en revanche, seront les répercussions sur les équilibres sécuritaires à l’échelle planétaire. Les Etats-Unis ont montré, à la suite de la Russie, qu’il ne suffisait pas d’avoir une armée puissante et complète pour imposer sa loi à de plus petites Etats. Les innovations technologiques dans les drones et l’IA rabattent les cartes de ces conflits asymétriques et laissent entrevoir un monde où la force militaire seule sera incapable d’assoir la domination de tel ou tel empire. C’est donc à un monde plus instable que les conflits ukrainiens puis iraniens nous conduisent.
Sur le plan boursier, le premier semestre a largement été dominé par la poursuite du déroulement du narratif sur l’IA. De 2023 à la fin 2025, les investisseurs ont acheté les développeurs de modèles d’intelligence artificielle (Google, Amazon, Meta…) puis les fabricants de puces et de serveurs IA (NVIDIA, AMD). Fin 2025, remontant la chaine des fournisseurs d’infrastructures IA, l’intérêt s’est porté sur les fabricants de puces mémoire et notamment ceux proposant de la mémoire haute capacité (HBM), SK Hynix, Samsung, Micron. Résultat, une frénésie boursière mais alimentée par un vrai boum des ventes. Micron, par exemple, a vu son chiffre d’affaires trimestriel passer de 9 milliards de dollars au deuxième trimestre 2025 à 41 milliards de dollars une année après.
Les investisseurs se sont enthousiasmés pour ce secteur qui était considéré jusqu’à présent comme principalement cyclique et non un secteur de croissance. La valorisation de Micron a été multiplié par 4 en l’espace de 6 mois. La performance de la société est telle qu’elle explique à elle seule 1,4 point de la progression de 10% du S&P 500 depuis le début de l’année. Si l’on ajoute les performances des deux autres valeurs du secteur de la mémoire (SanDisk et Western Digital), c’est 20% de la performance du S&P 500 qui est expliqué par ces seules trois valeurs.
Arrivés à la mi-temps de la saison 2026, les investisseurs s’interrogent toutefois sur ce à quoi va ressembler la deuxième partie du match et si des changements doivent être opérés dans les portefeuilles. Depuis quelques jours nous assistons en bourse à des ventes sur les entreprises de semiconducteurs. La perception des investisseurs a en effet évolué. Les derniers résultats trimestriels de Micron ont fait comprendre aux investisseurs que ce qu’il se jouait actuellement dans le secteur des puces mémoires n’était pas sain. Confrontés à une demande en forte hausse mais incapable de produire davantage, les fabricants de puces mémoire augmente leur prix. De fait les annonces de hausse des investissements par les hyperscalers ne servent actuellement qu’à alimenter une phase inflationniste en faveur des fournisseurs de capacités de calculs et de stockage. Cette situation qui risque de durer tant que les nouvelles capacités de production ne sont pas opérationnelles va nécessiter une réévaluation à la baisse de la politique d’investissement des grands donneurs d’ordres.
Conscients de ce risque les investisseurs semblent commencer à vouloir rééquilibrer leur portefeuille d’investissement en faveur des valeurs de l’ »ancienne économie ». Dans ce nouveau contexte, l’Europe semble pouvoir tirer son épingle du jeu. Favorisé par la baisse des prix de l’énergie et des indices très peu exposé au secteur des semi-conducteurs, le vieux continent revient en force dans les allocations des grandes banques pour le second semestre. La semaine dernière a donné le ton de ce que pourrait être la dynamique des prochaines semaines. Les indices européens ont surperformé leurs homologues américains (Euro Stoxx 50 + 2,4% contre 1,7% pour le S&P 500) grâce à la surperformance du secteur industriel (+5,36%) et du secteur financier (3,91%). La publication vendredi des enquêtes d’activité en zone euro pour le mois de juin encourage un certain optimisme. L’indicateur global est remonté à 50 marquant la limite entre zone d’expansion et de récession (48.5 en mai). La reprise s’annonce toutefois asymétrique avec une forte dynamique qui se poursuit en Italie (50,8) et se renforce en Espagne (Enquête PMI dans les services qui progressent à 54.20 contre 50,1 en mai). En France, les enquêtes de conjoncture s’améliorent mais reste toutefois largement en retrait (47.2 en juin contre 44.9 en mai) par rapport aux autres pays de la zone euro.
Performance des marchés à la clôture du vendredi 03 juillet 2026

Performances dividendes nets réinvestis arrêtées au 03 juillet 2026
Ce qu’il faut en retenir
Après l’incertitude provoquée par le conflit en Iran en début d’année, les marchés actions ont connu un spectaculaire rebond au deuxième trimestre, S&P 500 + 18%, Nasdaq +32%. Meilleur trimestre pour les actions américaines depuis 6 ans. Derrière cette performance, un moteur principal : les semi-conducteurs et l’infrastructure de l’intelligence artificielle.
Le repositionnement des investisseurs sur les entreprises qui alimentent la révolution de l’IA se poursuit. Soutenues par la demande insatiable des hyperscalers et des capacités de production toujours limitées, les sociétés du secteur affichent une croissance exceptionnelle. À titre d’exemple, Micron a récemment publié une marge de 85%, en hausse de 10 points sur un trimestre.
L’indice SOX des 30 plus grandes entreprises du secteur a bondi de 88% sur le trimestre et le Kospi chargé en actions Samsung et SK Hynix de 68%.
Malgré un contexte géopolitique toujours tendu, l’or a enregistré son pire trimestre depuis 2013, avec une baisse d’environ 14%. Après un début d’année marqué par une frénésie spéculative, qui avait porté l’or à plus de 5500 dollars, l’once d’or est désormais retombée sous les 4000 dollars. L’or a souffert de moindres flux acheteurs en provenance des pays émergents dans un contexte où la priorité a été pour beaucoup de pays d’assurer des réserves pétrolières. La hausse des taux d’intérêt sur le trimestre n’a pas été, à notre avis, un facteur décisif dans la baisse du prix de l’or comme on peut l’observer depuis quelques jours avec une baisse du prix du métal jaune qui se poursuit malgré un repli marqué des taux.
La Dynamique des marchés actions
Le baromètre renard du 03 juillet 2026
Le baromètre des marchés est un indicateur composite intégrant des données historiques de différents marchés financiers. Il a pour objet de caractériser l’environnement des marchés actions américains et européens.
Notre indicateur s’est replié considérablement au cours de la semaine écoulée, passant de 23 à 16. Ce repli est le résultat de la baisse conjuguée…[lire la suite]
Que faire sur les marchés au 06 juillet 2026 ?
La crainte des investisseurs sur cette fin de semestre portait sur la dépendance des marchés à la poursuite de la performance d’un secteur, les semi-conducteurs. Depuis quelques jours, le secteur subit…[lire la suite]






