Commentaire de marché

Accord ou Enfer ?

Les déclarations erratiques du président américain tout au long de la semaine passée n’ont pas permis aux investisseurs d’y voir clair sur la réelle motivation côté américain de poursuivre ou non l’opération militaire contre l’Iran. Même s’il semble évident que Donald Trump cherche une porte de sortie à la crise, l’absence d’un pouvoir centralisé et installé en Iran rend les discussions particulièrement compliquées. En décapitant le sommet de la hiérarchie décisionnelle iranienne (Ali Khamenei, guide suprême, Mohammad Pakpour, chef des Gardiens de la révolution, Abdolrahim Moussavi, chef d’état-major), les Etats-Unis ont certes désorganisé la résistance iranienne mais ils se sont également compliqués les négociations avec le pouvoir iranien. Même si comme le dit Donald Trump, le 3ème cercle avec lequel affirme discuter le président américain, semble moins fanatique, il n’a certainement pas eu le temps d’asseoir son pouvoir. De même, les bombardements incessants des centres de commandement et la surveillance permanente des communications doit rendre la coordination iranienne extrêmement compliquée.

Nous avons appris hier par le site d’information américain Axios que des négociations indirectes sont en cours entre les États-Unis et l’Iran, par l’intermédiaire de médiateurs régionaux, afin de discuter des modalités d’un éventuel cessez-le-feu de 45 jours qui pourrait ouvrir la voie à une fin définitive du conflit. Les négociateurs iraniens semblent toutefois peu enclins à accepter un cessez-le-feu avec les conditions qui iraient avec (livraison de l’uranium enrichi, réouverture du détroit d’Ormuz) sans engagement des Américains à renoncer à une reprise des attaques.

Pressé de conclure un accord, Donald Trump a laissé jusqu’à aujourd’hui 20 heures, (heure de New York, 02 heures du matin à Paris) aux Iraniens pour accepter un accord sans quoi il déchainera l’Enfer en frappant les centrales électriques et tous les ponts du pays. Certainement pour donner corps à cette menace, le président américain a ajouté lors de sa conférence de presse de lundi soir que les iraniens souhaitent la poursuite des frappes, étant eux-mêmes dans l’incapacité de descendre dans la rue pour renverser le pouvoir « à cause des snippers » qui tirent sur les manifestants.

Le président semble se placer dans une situation de quitte ou double qui n’est pas sans inquiéter. Pourtant les marchés actions américains, qui ont clôturé en légère hausse ce lundi, semblent surtout retenir l’espoir d’un accord de paix même si celui-ci est jugé mince par les sources du site d’information Axios. Habitué des ultimatums repoussés ou même oubliés, il n’est pas impossible non plus que Donald Trump revienne sur l’ultimatum, s’il lui semble qu’un accord est à portée de main.

Après 4 jours de pause pascale, les investisseurs vont vivre une journée boursière mardi qui s’annonce totalement imprévisible.

Performance des marchés à la clôture du vendredi 03 avril 2026

Performances arrêtées au 3 avril 2026

Ce qu’il faut en retenir

Malgré beaucoup de volatilité, les indices actions ont fini la (courte) semaine en progression notable. Les actifs risqués ont été soutenus par une légère détente des prix de l’énergie (Gaz –7,63 %, Brent -3,14 %). A noter qu’à contre-courant, le prix du WTI est passé au-dessus du prix du Brent mais pour des raisons principalement techniques liées à la plus grande proximité de l’échéance du contrat de livraison sur le WTI. Il est trop tôt pour dire si le point bas du marché actions a été atteint à la suite de ce rebond mais il est intéressant de noter que selon la banque Goldman Sachs, les ventes des fonds d’investissement systématiques (CTA) ont atteint 190 milliards de dollars sur un mois, un record depuis 2020. Généralement (sauf en 2008), ce type de situation de « survente » précède les rebonds forts des marchés. Quoiqu’il en soit, les investisseurs semblent désormais un peu plus optimistes car deux évolutions paraissent désormais plus claires. Premièrement, des négociations existent entre Washington et Téhéran et deuxièmement, le président américain a besoin d’une issue rapide au conflit.

Du côté du marché obligataire, les taux longs se sont légèrement détendus sur la semaine malgré un emballement en début de semaine qui a vu l’emprunt d’Etat français à 10 ans se rapprocher d’une encablure de 3,90 % avant de clôturer vendredi à 3,68 %. Même si les banques centrales ont tenté de calmer l’incendie qu’elles avaient elles-mêmes allumé en suggérant des relèvements de taux directeurs, les investisseurs restent inquiets de la hausse de l’inflation et surtout de l’impact de la crise géopolitique sur les déficits publics. A cet égard, la demande de Donald Trump d’augmenter le budget militaire à 1500 milliards de dollars en 2027 (contre 1000 milliards en 2026) a pesé sur le marché obligataire américain en fin de semaine.

La Dynamique des marchés actions

Le baromètre renard du 03 avril 2026

Le baromètre des marchés est un indicateur composite intégrant des données historiques de différents marchés financiers. Il a pour objet de caractériser l’environnement des marchés actions américains et européens.

Légère détente de notre baromètre de marché[lire la suite]

Que faire sur les marchés au 07 avril 2026 ?

Les investisseurs semblent depuis quelques jours plus optimistes et retiennent surtout la volonté américaine de trouver un accord […lire la suite]

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